La semaine de la Francophonie 2017 à l’IRAP

Une semaine placée sous « les signes » de la Francophonie…

« Gardez votre calme et parlez français »; « Impossible n’est pas français »; « Ajoutez deux lettres à Paris, c’est le paradis ». Tels étaient les slogans que l’on pouvait lire dans les couloirs de l’IRAP à l’occasion de la fête de la francophonie. Cette petite école d’Ain Aar semble grandir sans faire de bruit et pourtant, elle n’a pas manqué de faire raisonner la langue française la semaine du 20 au 25 mars. Voici en quelques mots, un aperçu de notre semaine:

 Lundi, c’est parti!

C’est ce jour-là que l’IRAP a voulu fêter les mamans des enfants de 3 à 7 ans.
Les mamans sont venues faire des ateliers avec leurs enfants, et ont partagé un repas français préparé par nos cuisinières.

 Mardi, en cuisine avec les élèves de la classe de 3ème !

La gastronomie française était à l’honneur. Depuis ces jours, l’émission « Top chef » n’a qu’à bien se tenir ! En effet, « la Tour Eiffel gourmande » animée par deux jeunes filles du programme aménagé de brevet, a permis aux élèves de 3ème de découvrir les spécialités françaises et leur région. Durant plus d’une semaine, nos deux jeunes présentatrices se sont entraînées à articuler, mettre l’intonation et s’approprier un texte uniquement en français. Et on peut dire que leurs efforts ont payé, puisque même les professeurs se sont pris au jeu.

Ce dernier se déroulait en trois manches. Dans la première partie, on distribuait aux élèves des cartes représentant des plats français photographiés, ainsi que des étiquettes avec les noms correspondants.

Le but était d’associer chaque plat à son nom. Le jeu a fait naitre de grands débats  pour savoir si la fondue savoyarde était une soupe de poissons ou bien un mijoté de bœuf mais dans l’ensemble, nos élèves ont su faire preuve de perspicacité.

Dans la deuxième manche, il fallait, au moyen d’une carte de France retrouver la région d’origine de chaque spécialité, en se basant sur les indices que fournissaient leurs noms.

Ex: La choucroute de Strasbourg, la quiche Lorraine ou encore les cannelés de Bordeaux. Un bon moyen aussi de réviser sa géographie.

Dans la 3ème manche, les élèves ont dû faire preuve d’imagination… En tant que libfranais (habitants du Libfran), ils ont dû imaginer un menu original en mélangeant les spécialités des deux pays.  C’est ainsi qu’est né la « crêpe au Zaatar », « la fondue de Kebbé » ou encore les « Mahmissons » (mélange entre les mahmouls et les Calissons de Provence).

Au menu: croissants maison, salade de fruits, fromage blanc, jus d’orange frais et bien sûr, la traditionnelle baguette à la confiture maison ! La cuisine française a marqué nos esprits et nos papilles !

 Mercredi, entrez dans la danse !

« Et un-deux-trois, un-deux-trois, un-deux-trois » ce matin-là les plus grands ont découvert les danses de salons, très appréciées en France et en Europe avant les années ‘50, et revalorisées aujourd’hui. On serait tenté de penser que la danse n’est pas une discipline adaptée aux enfants sourds étant donné qu’ils ne peuvent entendre la musique de la même manière que nous. Et bien cette idée reçue est définitivement réfutée depuis ce fameux mercredi, où, très concentrés, nos jeunes apprentis ont valsé avec leur camarades et leurs professeurs, dans une initiation magnifiquement orche-strée par Pierre Geagea, danseur professionnel malentendant et ancien élève de l’IRAP.  Il explique: « nous ne pouvons pas tout entendre, mais on se base sur les basses, la rythmique, les bruitages… ».

À les voir prendre du plaisir et se caler parfaitement sur la musique, on comprend que leurs capacités sont parfois bien au-dessus de ce que l’on pourrait penser. Et le rythme de la salsa a fini par entrainer même les plus résistants. Qui sait à quoi ressemblera leur prochaine soirée ?

 Jeudi, un après-midi aux couleurs de la francophonie !

La journée du jeudi marque pour nous l’apothéose de la semaine de la francophonie. Aux 12 coups de midi, tous les élèves se sont retrouvés dans la grande salle de l’école pour présenter leur travail. Même les professeurs se sont mis au diapason en arborant le béret basque et la marinière bretonne.

Ainsi, la classe de CE2 a ouvert la fête en nous faisant faire un petit tour des pays francophones. Chacun vêtu d’un costume traditionnel, ils nous ont expliqué dans un petit poème les symboles de chaque pays Ex: « La suisse, son chocolat est un délice » ou encore « En France, la Tour Eiffel est immense ».  Quelques mots et une mise en scène qui ont suffi à nous faire voyager…

Ensuite, un élève du programme aménagé a préparé avec son professeur particulier, sourde elle aussi, une petite vidéo nous montrant comment signer le nom de chaque pays francophone. Car en effet, chaque nom de pays ou de ville possède son équivalent en langue des signes. Une présentation très instructive pour tout le monde !

Puis les CM1 ont pris le relais en signes et en musique. Avec leur dynamisme et leur enthousiasme, ils ont revisité la chanson « Sacré Charlemagne » à leur manière! Avec l’aide du professeur de danse (sourd également) et d’une volontaire de la maison, ils ont mélangé les signes arabes, les signes français et les mimes pour faire comprendre aux plus nombreux les paroles de la chanson de France Gall. Le tout dans une ambiance festive ! Il faut aussi préciser à ce niveau que la langue des signes n’est pas universelle. Comme chez les entendants, chaque pays possède sa propre langue, avec des points communs et des divergences.

Aussi, les proverbes français n’ont plus de secrets pour nous depuis que les CM2 les ont illustrés à leur manière. Après un travail en cours de français sur le sens propre et le sens figuré, les CM2 se sont amusés à retrouver la signification cachée des proverbes français et leur équivalent en arabe s’ils existaient. Ensuite, les élèves avaient pour consigne de choisir un proverbe ex: « avoir les yeux plus gros que le ventre » et de l’illustrer au sens propre, c’est à dire au sens littéral. Et pour faire preuve d’humour, on peut dire qu’ils ont l’œil ! Les petits et les grands ont ri de voir le dessin d’un garçon discuter avec son petit doigt, et certains se sont même reconnus dans l’élève se promenant distraitement sur la lune… Un bon moyen aussi de mettre en valeur les talents artistiques de chacun.

Enfin, ce sont les 5èmes qui ont clôturé la fête. Ils nous ont entrainé dans la cours où était suspendu un grand drap blanc. Sous la forme d’un flash-mob, ils ont entraînés toute l’école à danser, chanter et signer  avec la chanson des United Kids « On écrit sur les murs ». Et pendant que les cinq filles réalisaient la chorégraphie, les trois garçons inscrivaient sur le drap blanc avec des bombes de couleurs la phrase de Mère Thérèsa: « La paix commence par un sourire ».

Si cette phrase constitue l’arrière-plan du clip de la chanson, elle a pour nous aussi un sens particulier.  En effet,  Mère Thére-sa est le thème qu’a choisi l’IRAP pour vivre cette année scolaire. La foi, sous toutes ses formes et à travers toutes ses religions n’est jamais très loin à l’IRAP…

La journée s’est ensuite terminée autour d’un repas français partagé tous ensemble. Au menu: vols au vent, rôti servi avec des  frites et salade niçoise ! De quoi régaler les petits et les grands ! Et leurs réactions nous font parfois sourire « si c’est ça le « manger » français, je veux bien aller vivre en France ! »

 Vendredi, c’est une autre histoire…

Vendredi, la conteuse Chantal Mailhac nous a fait voyager en Afrique noire, à travers le récit d’un homme, traversant les forêts enchantées et rencontrant des personnages fantasques, à la recherche de la femme idéale. Munie d’un djambé et d’un talent expressif incontestable, et indispensable pour nos élèves malentendants, la conteuse a su captiver, amuser et entrainer les petits et les grands dans une histoire entièrement racontée en français. Pas évident quand on sait que les signes sont indispensables pour certains. Mais cette fois-ci, l’assistance était captivée, suspendue aux lèvres de la conteuse dans un silence rarement obtenu auprès des élèves. Un très beau moment de complicité entre la conteuse et les élèves.

Voilà en quelques lignes ce que nous avons vécu cette semaine à l’IRAP. Chaque chose a été réalisée avec beaucoup de simplicité; mais c’est aussi le fruit de la générosité et de l’enthousiasme de toute une équipe et même, de toute une école. La francophonie restera encore un long moment dans nos esprits. Elle aura permis aux élèves de découvrir davantage la culture française, de jouer avec la langue, de chanter, de comparer les deux langues des signes et surtout, de prendre conscience qu’ils ne sont pas le seul pays dans le monde à parler le français. C’est aussi un bon moyen de redécouvrir l’intérêt de parler la langue et de remotiver les élèves.

Exposition de Noel…

8-9-10-11 décembre 2016 au Bustan de 10h à 20h.

Nous vous attendons nombreux!

L’hymne national libanais en signes!

Nisrine membre de l’Amicale des Anciens de l’IRAP présente l’hymne national libanais en signes.